Taj Mahal

Pour cette journée qui sera forcément à marquer d’une pierre blanche (oui, c’est une plaisanterie facile, mais encore ne fallait-il pas la rater…) notre départ de l’hôtel est matinal à 6 heures pour être sur place au lever du soleil, à pieds car l’entrée est à 500 mètres au bout de la rue. Nous ne sommes pas seuls dans les rues, de nombreux touristes font le même trajet. Aux portes du site il faut faire la queue pour le contrôle de sécurité. Pour cela deux files sont organisées, l’une pour les femmes, l’autre pour les hommes. Le constat est étonnant : les visiteurs sont très majoritairement des visiteuses ! L’attente pour se regrouper est un peu longue car non seulement il y a plus de femmes mais comme chacune d’elles a un sac le contrôle de sécurité est plus long.

Quand nous entrons dans le site en franchissant la porte monumentale encore à base de grès rose,la foule ne paraît pas si importante compte tenu des dimensions du lieu. On peut donc admirer assez tranquillement la perspective qui dévoile le Taj Mahal à l’extrémité du bassin et des jardins. On est saisi par la beauté, l’équilibre et la symétrie, la quiétude apportée par le jardin et l’eau et on se dit que si la perfection existe elle doit ressembler à cela. Le guide nous dire précisera que dans le Taj Mahal la symétrie est omniprésente. Dans l’architecture du palais, bien sûr, avec les minarets, les tours et les chatris mais aussi dans les 4 portes du domaine, les deux mosquées à gauche et a droite du palais dont l’une, celle de gauche orientée à l’ouest ne sert à rien, dans les plans du jardin et les bassins. Le seul endroit où la symétrie n’est pas respectée c’est à l’intérieur du mausolée où se trouvent les tombes du Shah et de sa femme : la première est beaucoup plus grande que la seconde.

A notre arrivée dans la jardin, vers 7 heures, le ciel est beau mais voilé. La structure blanche du Taj, plaquée sur un ciel laiteux, ne se détache donc pas bien. Tout se confond un peu dans un halo. Mais à mesure que le soleil se lève, le bleu prend sa place dans le ciel et le Taj Mahal se dévoile de mieux en mieux sur ce fond d’azur. On voit nettement l’évolution. Le fameux reflet dans le bassin est de plus en plus net et quand on arrive au pied du palais proprement dit on est bien face à deux éléments, le blanc du marbre et le bleu du ciel.

Malgré la foule on ne se bouscule pas. L’ambiance est bon enfant. Tout au plus il faut attendre son tour pour pouvoir prendre une photo aux endroits stratégiques. Prendre ou se prendre en photo. Car au pied du Taj Mahal on est au royaume des situations improbables. En premier lieu il faut citer la catégorie des Lady Taj, ces femmes venues en grande tenue de circonstance pour faire la photo de leur vie à grand coup de châles, de chapeaux et de robes extravagantes dont certaines ont été visiblement acquises pour la visite. On rencontre ainsi la japonaise en sari mal ajusté ou l’européenne en pantalon à fleurs, toutes deux avec un sourire à avaler les boucles d’oreilles qu’elles ont éventuellement fort longues. Une deuxième catégorie est celle des fans d’Usain Bolt qui imitent son geste au pied d’un bassin avec le Taj en arrière-plan. De nombreuse variantes sont visibles: les deux bras levés en V comme après un but au foot. Ou encore les équilibristes qui étendent la paume de la main à l’horizontale pour que sur la photo, avec l’effet de perspective, on croit que le palais tient sur cette main. Parfois la pose est plus compliquée, avec équilibre sur un pied.

Avec Marie nous avons sacrifié à la chose, sous la contrainte inflexible de notre guide, qui entend montrer son savoir-faire aux gens qui se trouvent à proximité. Passé ce bref instant d’égarement, nous visitons avec enthousiasme, ce qui n’est pas bien difficile tant on est facilement imprégné par la magie du lieu que la lumière désormais plus chaude du soleil finit de révéler. Nous sommes séduits par la finesse de décoration des parois de marbre blanc incrustées de motifs de marbre rouge ou noir, ce qui représente un travail d’une infinie précision et d’une qualité artistique inégalées. Un débat s’instaure néanmoins entre nous. Marie exprime son admiration pour ce travail de détail, Jean est fasciné par la vision d’ensemble du site dans laquelle ce travail s’insère. On en parle encore.

Les jardins et les bassins ajoutent une note de calme et de sérénité à l’ensemble du site et rehaussent le palais lui-même en l’insérant dans un écrin coloré qui complète le fond du ciel et met encore plus en valeur le Taj.Bon, tout cela est bien gentil. Mieux vaut se régaler de nos photos!

Galerie de photos du Taj Mahal

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Agra, le « baby » Taj

Les trois heures d’autoroute vers Agra sont pimentées par l’observation des choses curieuses qui s’y passent et qu’on prendra peut-être le temps de raconter un jour. Il faudra surement rédiger un billet consacré au transport en Inde.

Nous arrivons à Agra un peu avant 17 heures, ce qui nous laisse le temps de visiter le Baby Taj. Car ici les horaires sont précis : on visite du lever au coucher du soleil, ce qui est de bon sens. Le Baby Taj est ainsi appelé car ce tombeau, encore un, édifié par une veuve en 1628 servi de « brouillon » au Taj Mahal. C’est le premier tombeau construit en marbre blanc, alors que le mur d’enceinte et les 4 portes sont encore en grès rose. Nous profitons de rayons rasant du couchant pour une lumière parfaite. Quand nous terminons la visite, la nuit est tombée. Nous sommes arrivés juste à temps!

Sur le chemin vers l’hôtel Ashok nous fait passer par les bords de la rivière Yamuna pour nous permettre d’apercevoir le Taj Mahal dans la brume, de l’autre côté du fleuve. Mais la suite sera pour demain.

Il nous déniche un restaurant original : le barbecue est sur la table et on fait ses grillades sans bouger de sa place. Somptueux!

Au revoir Delhi

Notre hôtel se trouve dans une petite rue du vieux Delhi, en retrait des grandes rues, donc plutôt calme si on néglige le chien qui aboie, quelques voitures qui passent et les gens qui discutent (fort). Mais pourtant à 6 heures ce n’est pas le coq du quartier qui sonne le réveil mais un bon vieux coup de klaxon! Pourquoi, alors qu’il n’y a pas de circulation dans cette rue? Mystère indien.

Nous avons pris la bonne décision de partir tôt en visite. Le temps est brumeux et quand on arrive dans le quartier du Nouveau Delhi, depuis la place du parlement on ne voit quasiment pas Indian Gate à l’autre bout de la grande avenue, perdue dans la brume du matin. Le parlement et Indian Gate c’est un peu comme le Louvre et l’Arc de Triomphe à Paris. Indian Gate a été construit en hommage aux 90 000 soldats indiens morts pendant la Première Guerre aux côtés des soldats britanniques. C’est un point de ralliement et détente qui est déjà en pleine animation. A l’autre bout, côté Parlement et Résidence du Président c’est plus austère et plus calme. Il n’y a que quelques singes à se faire remarquer aux sommets des édifices.

Nous poursuivons vers le tombeau d’Humayoun qui n’a pas volé sa réputation d’être le plus beau monument de Delhi. Ce tombeau a été construit en 1565 à la demande de sa veuve. C’est le premier monument construit en mêlant le granit rose et le marbre blanc, contrairement à la mosquée Jama Masjid ou au Fort Rouge. Ce mélange des couleurs et le style architectural préparent l’évolution vers le style épuré du Taj Mahal. Comme souvent, ce monument est entouré de vastes jardins très bien entretenus qui apporte une touche marquée de sérénité. Vraiment une très belle visite d’autant plus agréable que, grâce à notre venue matinale, il y a peu de monde ce qui nous permet de savourer tranquillement.

Notre dernière étape à Delhi est pour le minaret Qutub Minar et tout le site qui l’entoure. Le soleil est revenu; A la différence du tombeau d’Humayoun cette fois il y a foule. Pour acheter les billets on doit faire la queue, même au comptoir des visiteurs étrangers. Marie commence à regretter que nous n’ayons pas de coupe-file comme souvent, mais bon. Ashok, notre chauffeur, vient me voir et me dit de lui remettre 1 200 roupies, le montant de nos entrées. Je lui donne, me disant qu’il est bien sympa de faire la queue à notre place, mais pas du tout! Il remonte la file, se présente au comptoir, interrompt la transaction en cours, donne l’argent, discute en hindi et 30 secondes plus tard revient avec les billets. Les touristes dont la transaction a été interrompue n’en reviennent pas et se regardent bouche bée avant de partir en rigolade. Il faut dire que vu la carrure de rugbyman et la voix de baryton de notre chauffeur il vaut mieux la prendre à la légère plutôt que de discuter le coup…

Après cette épisode c’est Marie qui est interrogé par de jeunes écoliers, nombreux à visiter le site, et ravis de parler français. Qutub Minar c’est un minaret haut de 72 m, avec un diamètre de 15 mètres à la base et 2,75 au sommet, construit en grès rouge de différentes nuances allant du très clair au très foncé. Achevé en 1368, avec les deux derniers étages qui alternent le grès et le marbre, il était destiné à marquer l’établissement de l’islam dans l’Inde. C’est vraiment un bel édifice, puissant et élégant tout à la fois, au centre de vestiges d’une importante mosquée et de sa madrasa. Et comme toujours, tout cela est entouré de jardins fleuris et d’espaces verts paisibles.

Avant de prendre la route pour Agra, Ashok nous déniche un super restaurant pas cher où on se régale. En prime nous apercevons le début d’une réception de mariage: arrivée des mariés, des invités, des cadeaux dans un décor de colliers de fleurs innombrables.

Découverte de Delhi

Le vol de 8 heures depuis Paris nous a fait débarquer à Delhi à 9h30 en heure locale, soit 5 heures dans notre horloge, prêts à recommencer une journée après une nuit de très bref sommeil.

Notre chauffeur nous attendait comme prévu et nous conduit immédiatement vers l’hôtel. Mais c’était sans compter de mémorables embouteillages dont nous découvrons que c’est le lot quotidien de la ville. L’autre point frappant c’est le bruit: celui des moteurs et bien entendu celui des klaxons, les vociférations des chauffeurs qui s’invectivent en permanence – et le nôtre est maître dans cet art. Ajoutons-y la clameur de fond omniprésente qui résulte des conversations de la foule innombrable.

Comme les embouteillages nous ont retardé nous sautons l’étape de repos à l’hôtel et commençons sans tarder notre tour de découverte au temple Siq au nom imprononçable. Il faut sacrifier au rite de marcher pieds nus et la tête couverte. Nous voilà transformés en pirates pour visiter le temple le plus important de Delhi. On constate une dévotion fervente de la part des dévots nombreux. Le temple fait office de lieu ouvert pour nourrir, soigner, accueillir tous ceux qui sont en détresse. On en voit de nombreux occupant les trottoirs alentour.

Après la pause déjeuner direction la mosquée Jasma Majid, plus importante de l’Inde et 7° au monde. C’est un vaste quadrilatère de pierres rouges et de marbre blanc avec ses deux minarets et trois portes surmontés de fins créneaux. L’esplanade accueille une foule nombreuse venue se détendre ou se reposer. La mosquée fait face au Fort Rouge construit dans le même matériaux.

Comme il n’est pas possible d’accéder au bazar en raison du Diwali Festival, plus grande fête hindoue qui dure une semaine, nous décidons d’aller voir le jardin Lodi Garden. C’est un jardin botanique paisible avec des variétés de fleurs inconnues mais bien belles à regarder.

Après un peu de repos à l’hôtel nous allons nous promener dans les ruelles voisines au milieu d’un marché de nuit bien pittoresque

 

Décalage horaire

Avec l’heure d’hiver, en Inde le décalage horaire est de +4h30. Quand il est 8h à Delhi il est 3h30 en France. Quand il est 19h en France il est 23h30 à Delhi.

De même en Australie, à Sydney ou Melbourne, le décalage horaire est de +10 heures. Curieusement, à Brisbane qui est pourtant plus à l’Est le décalage est seulement de +9 heures. Ce qui entraine les correspondances suivantes (base +10 heures) :

8 heures en France = 18 heures en Australie,

14 heures en France = minuit en Australie,

12 heures en Australie = 2 heures du matin en France.

A Brisbane le soleil se lève vers 5 heures et se couche vers 18 heures. Dans le secteur de Sydney et Melbourne c’est plutôt 6 heures / 19 heures.

Quand nous enverrons le soir, depuis l’hôtel, notre carnet de voyage du jour, disons vers 21 heures, il sera donc 11 heures du matin en France.

 

 

Maisons et escaliers

Les villages de Santorin sont principalement bâtis sur des collines ou sur la falaise de la caldeira (Fira, Firostefani, Imerovigli, Oia) qui surplombe la mer d’un a-pic de 200 à 300 mètres. Autant dire qu’il y a des escaliers partout et que les maisons se chevauchent dans un désordre qui est un mystère pour le visiteur.

Ce qui donne des panorama extraordinaires,

sensibles aux nuances de la lumière au coucher du soleil, comme ces deux vues d’Imerovigli (point le plus haut de la falaise).

Partout les villages sont éclatants de lumière avec les murs blancs impeccables, le ton bleu des volets, des portes, des clochers et des dômes

et le gris qui marque le relief des escaliers.

Au cœur des villages de l’intérieur nous avons vu ces escaliers improbables

qu’il faut gravir avec agilité et prudence…

Que dire de ces ruelles étroites ?

On pense simplement aux déménageurs, pompiers, corbillards, livreurs en tout genre… Mais parfois au détour d’une de ces ruelles on arrive à un café aussi minuscule que merveilleux dont les chaises débordent sur la ruelle.

Une terrasse fleurie dominant la caldeira : quel spectacle !

Un escalier ombré plongeant vers la mer, comme une invitation au voyage…

Les églises de Santorin

Selon un adage populaire, il y aurait plus d’églises que de maisons à Santorin. Ce n’est bien sûr pas vrai. Certains affirment qu’il y en aurait plus de 365, de quoi changer tous les jours de l’année, ce qui n’est pas impossible. Quel que soit le nombre, cette abondance a une origine : l’occupation ottomane pendant 4 siècles. Pendant cette période de domination les autochtones se mirent à construire des églises, la plupart très petites, pour affirmer qu’ils n’étaient ni turcs ni musulmans. Construire une église revenait à affirmer son hellénisme et sa foi orthodoxe. C’est la raison pour laquelle beaucoup de ces églises sont privées, construites sur le terrain d’un particulier, dans laquelle on ne peut entrer sauf le jour de la fête du saint auquel l’église est dédiée. Avantage du relief de collines et de falaises: on les voit de partout. Les Turcs en avaient plein la vue.A Santorin on dirait effectivement qu’il n’y a que des églises et des clochers. C’est réellement impressionnant. 

Quand on dit « église de Santorin » surgit immédiatement l’image d’une coupole bleue, des murs blancs, du clocher découpé où s’accrochent plusieurs rangées de cloches avec, si possible, en arrière-plan, le bleu de la mer.

C’est bien cela qu’on découvre en parcourant l’île.

Une église « privée » :

Des églises du village de Pyrgos :

Une église d’Emporiou :

Une église « privée » auprès de laquelle nous avons pique-niqué. Attenante à l’église se trouve une petite habitation et devant l’église une terrasse avec des murets en forme de bancs.

Une église enchâssée dans les maisons sur la falaise suffit à créer un cadre enchanteur.

ou encore

Contrairement à ce que nous pensions toutes les églises ne sont pas en bleu et blanc. Voici par exemple cette église de Oia dont les murs sont de couleur ocre.

Mais à quelques dizaines de mètres on retrouve cette autre église aux couleurs « classiques », avec son inévitable « mariée » prenant la pose.

Dans cette église de Fira le bleu a complétement disparu.

Cette église avec son clocher rose n’est pas mal non plus.

Autre variante

Très souvent les clochers sont construits à côté de l’église proprement dite

ou carrément sur le dôme d’une maison voisine.

On a même vu un clocher en arcade au-dessus d’une rue.

En terminant cette revue des églises et des clochers signalons la question qu’il ne faut pas surtout pas poser quand on arrive dans un village : « Où se trouve LA vieille église ». Regard effaré de l’interlocuteur grec qui ne peut absolument pas répondre à une telle question: « Il y a beaucoup d’églises ici! ».

Santorin insolite

Santorin ce n’est pas seulement la beauté des paysages, des lumières et des couleurs. C’est aussi plein de rencontres insolites.

Milou de Megalochori

L’industrie de la photo romantique tourne à plein. Grâce aux mariées chinoises,

certaine sur un toit,

mais pas seulement.

Santorin ne serait rien sans les ânes qui ont été les premiers à transporter tout, bien avant l’automobile.

On prétend qu’à Santorin il y a plus d’ânes que d’habitants. On en voit encore dans les champs mais beaucoup font le taxi pour touristes dans les endroits difficiles comme la remontée des 588 marches du port, où arrivent les navettes qui vont chercher les croisiéristes des navires qui mouillent dans la caldeira, jusqu’au sommet de la falaise de Fira.

Alors un âne ça fait aussi rêver…

Les chats sont aussi un peu les mascottes.

On en voit partout.

Mais la sieste semble une activité prisée.

D’ailleurs la sieste à Santorin c’est sacrée. Elle est même inscrite dans le règlement de la piscine de notre hôtel.

Les églises sont nombreuses, certaines très petites. On dit qu’il y aurait plus d’églises que de maisons. Les églises ont une coupole où certains s’aventurent. Les maisons des villages, séparées par des ruelles étroites, ont des toits en terrasse dont certains on fait leur terrain de jeu.

Et puis il ne faut pas faire n’importe quoi sinon on ne sent plus chez soi.

Allez, bienvenue à Santorin!