Brisbane

Nous consacrons cette journée à découvrir Brisbane en marchant et naviguant.La promenade de South Bank, la berge face à la City, a été aménagée remarquablement comme nous l’avons expérimenté le jour de notre arrivée. Sur une largeur d’une centaine de mètres, la berge a été transformé en « rain forest » et en jardin avec en particulier une « canopée » de bougainvilliers sur plusieurs centaines de mètres. Le résultat est surprenant, inattendu, agréable, presque du domaine du rêve. L’ombre de cette végétation abondante est la bienvenue. Mais l’attrait du site est bien au-delà. Les habitants de Brisbane disposent ainsi de plusieurs aires de jeux pour enfants, très vastes. Plusieurs piscines gratuites sont ouvertes à tous, avec maîtres-nageurs et des pataugeoires pour les tout petits. Des jardins thématiques avec des bassins et des plantes aquatiques compètent le tableau. Ce lieu est vraiment enchanteur. La nature sur fond de buildings, de l’autre côté de la rivière Brisbane, spectacle étonnant dans une ambiance très zen.

De l’autre côté du fleuve l’enchantement continue en traversant le Jardin Botanique avec une section « rain forest » comme si on y était. Mais aussi des jardins de fleurs, des bambouseraies, des pelouses fleuries à n’en plus finir. Des bancs partout pour se reposer et même une terrasse avec des transatlantiques en livre service…

Notre voyage se poursuit sur l’eau. Car la ville a institué un service de navettes fluviales gratuites, ce qui permet de parcourir le fleuve comme si on faisait une croisière. On se régale, c’est agréable et un peu rétro. Cela permet de voir la ville sous un autre jour. Notre vision se complète du haut de la tour de l’horloge de l’hôtel de ville à 65 mètres au-dessus du sol. Et là on constate qu’à cette hauteur là la vue est encore bouchée par tout les buildings environnants. Vue de haut, la petite église de la place de l’hôtel de ville a des allures de maquettes…

De notre chambre, au 6° étage, la vue plonge sur la pelouse d’une place où sont installés, sur des couvertures rouges, une trentaine de personnes qui font du yoga.

Pour terminer en beauté ce séjour nous reprenons la navette fluviale vers 18h, à la tombée de la nuit, pour refaire l’aller et retour complet sur le fleuve. Spectacle féérique. Incroyable Brisbane !

Stradbroke Island

Aujourd’hui changement de décor, avec des paysages moins méconnus : une île, des plages de sables fins, des falaises rocheuses. Stradbroke Island est une île située à 40 km au nord de Brisbane qu’on atteint après une traversée de 45 minutes en ferry. C’est donc un lieu apprécié dans la région pour son calme, sa verdure, ses plages de sable blanc qui s’étendent à l’infini au pied de rochers impressionnants.

Sans oublier la faune et la flore. Notre premier arrêt au bord de la mer est pour voir les dauphins, mais aujourd’hui ils font relâche. Qu’à cela ne tienne nous surprenons nos premiers koalas dans leur activité préférée : dormir. Un koala dort 20 heures par jour, le reste c’est pour manger et quelques activités annexes comme s’accoupler. Il faudra s’intéresser de plus près à son mode de vie. Par exemple, comment fait-il pour manger ? Bien sûr il peut manger les feuilles de l’arbre où il dort mais quand il a tout mangé il doit changer d’arbre. Et cela prend du temps de changer d’arbre, donc cela réduit le sommeil et augmente la fatigue. Et quand un bébé nait, que fait la maman koala? Est-ce qu’elle installe son bébé sur la branche du dessous, mais ce n’est pas facile pour le nourrir. Doit-elle, avant la naissance, s’installer à une enfourchure de trois branches ? Quand on y réfléchit bien , la vie de koala c’est quand même un peu compliqué…

Un peu plus loin nous rencontrons des kangourous. Une superbe marche facile nous permet de découvrir les plages, les falaises, les rouleaux de la mer. Spectacle fascinant et beau.

Nous passons également un bon moment sur une plage au sable plus fin que fin et plus blanc que blanc. L’eau est extrêmement transparente. On entend les rouleaux gronder et l’un des baigneurs fait les frais de leur puissance, mis à terre, ou plutôt dans l’eau en un rien de temps. Plus de peur que de mal.

Sur le bord de la plage un groupe d’ibis, ces oiseaux au long bec fin et courbe, se laisse approcher.

La végétation est tout aussi surprenante, à commencer par la mangrove au départ du ferry. Viennent ensuite les fleurs et ces arbres aux racines hors sol qui semblent porter le tronc comme sur des béquilles.

Cette journée de détente aurait pu être parfaite si on n’était pas tombé sur un guide d’exception. Pendant toute la durée du voyage en bus, de 8 heures à 17 heures, il n’a pas arrêté de parler. Un vrai moulin à paroles, chatterbox comme on dit ici. On a eu droit à tous les sujets : les méduses, la cuisine végétarienne, les crevettes, ses aventures de guide en différentes circonstances. Il était sympa mais pas possible de se taire ne serait-ce que quelques minutes ou de mettre un peu de musique. Le bus ne carburait pas au gazole mais au flux de mots déversés. Donc pas question de s’arrêter. C’est soulant. D’autant plus qu’il faut en permanence faire l’effort d’essayer de repérer les choses importantes comme des descriptions de lieux ou des heures de rendez-vous pour le départ. Tout est noyé dans tout, le futile et l’essentiel. Une américaine qui n’avait pas compris, comme nous, l’heure du rendez-vous après le déjeuner est partie seule sur la plage. Le guide a du la chercher partout et à la fin alerter sa nièce en Australie pour lui dire que sa tante était perdue. Mais il s’est trompé de touriste américaine, l’alerte est arrivée là où il ne fallait pas. Panique dans les smartphones jusqu’à ce que la touriste perdue surgisse la bouche en cœur… On aurait envie que cela s’arrête mais il faut attendre le retour à Brisbane. Un phénomène ce type. A coup sûr un futur prix Nobel quand la catégorie sera créée.

Parc National de Springbrook et de Tamborine

Départ matinal à 7h30 pour la découverte de la forêt tropicale (rain forest). Pour cela nous quittons Brisbane par la MotorWay M1, celle qui longe toute la côte et que nous retrouverons à Melbourne pour aller vers la Grande Route Océane. Tout le paysage traversé est verdoyant, avec des étendues de prairies, de jardins puis de forêts. Au loin nous apercevons les buildings de Gold Coast qui est à la fois la côte DU paradis du surf et une ville de 900 000 habitants. Le grand Brisbane en compte 3,6 millions.

Le premier contact avec la forêt tropicale est pour voir Natural Bridge, une cascade près d’une arche de rocher que ce petit cours d’eau a creusé au cours des millénaires. Impressionnant! Le site est intéressant de Natural Bridge mais la marche d’accès, une vingtaine de minutes, est surtout un prétexte à découvrir la forêt tropicale. Pour notre venue c’est le grand soleil. Mais parfois la visite se fait sous la pluie. Le guide nous raconte qu’un jour un touriste se plaignait de la pluie trop abondante. Ce n’est pas pour rien qu’on dit « rain forest » lui répondit-il.

Comment décrire ce qu’est cette forêt ? La première impression est sans doute l’obscurité. A cause de la taille impressionnante des arbres – plusieurs dizaines de mètres, difficile à estimer, mais sans doute pas moins de 30 mètres – et de la densité la lumière parvient peu jusqu’au sol. C’est d’ailleurs cela qui fait exister la canopée, la vie à la lumière au sommet des troncs. Les photos sont difficiles à faire. Il n’y a pas de recul. La capture de la lumière est délicate : le premier plan, forcément au niveau des troncs, contraste avec l’arrière-plan, proche de la cime des arbres éloignés, donc éclairé. Comme en plus il faut avancer pour suivre la colonne il n’y a pas beaucoup de temps pour faire les réglages. Autre impression marquante : les odeurs, indéfinissables mais parfois très fortes et pas désagréables du tout. Enfin le bruit, celui des oiseaux mais tous les autres bruits inconnus venant sans doute du côté des grenouilles et des criquets, au sens large. C’est un environnement largement envoûtant.

Avant le repas nous visitons la caverne des vers luisants. Curiosité certes mais je ne comprends pas grand chose aux explications parce que le vocabulaire est un peu particulier. Ensuite la guide parle trop vite et la grotte renvoi un écho qui me gêne pour entendre. Bon, c’est intéressant mais heureusement qu’on n’a pas fait le détour rien que pour cela.

Dans l’après-midi nous descendons jusqu’à une cascade du parc de Tamborine qui se trouve en bordure de l’immense caldeira (60 km de diamètre). Même remarque: celle-là n’a rien d’exceptionnel, on en a vu de plus spectaculaire. Mais, encore une fois, ce qui compte c’est le chemin d’approche à travers la « rain forest », la forêt tropicale humide. Le guide nous explique que les eucalyptus, qui sont innombrables, sont des arbres qui ont besoin d’humidité et poussent très vite et très haut avec branches de gros calibres, mais seulement dans la partie supérieure. En cas de sécheresse l’arbre cherche à se protéger. Il perd ses feuilles pour constituer un paillis à ses pieds afin de capter au maximum l’humidité. Il n’hésite pas non plus à se mutiler des plus grosses branches pour limiter ses besoins en eau. C’est pour cela qu’il est interdit de faire du camping dans une forêt d’eucalyptus. Il y a déjà eu des morts. Comme le matin nous traversons des zones de pénombre d’où s’élancent d’immense troncs blancs d’eucalyptus. Les fougères immenses sont aussi partout présentes. C’est vraiment une promenade dépaysante.