Retour à Skikda

Nous voici de retour à Skikda ! Le plaisir l’emporte sur l’émotion. Le grand soleil est de la partie ce qui transcende tout. C’est un vrai plaisir de retrouver cette ville qui a beaucoup compté pour nous, que nous avons beaucoup aimée et que nous faisons découvrir à notre groupe car, évidemment, nous en avons bien plus à raconter que les accompagnateurs. Ceux-ci se montrent beaux joueurs et nous confient les clés pour organiser la visite. D’une façon générale ils font le maximum pour que les choses se passent bien.

C’est un vrai plaisir de raconter Skikda, de montrer les lieux, de dire des anecdotes. Cela fait rejaillir en nous une émotion positive et pas du tout nostalgique. On se sent revigorés par une belle énergie. En chemin nous parlons avec des algériens de tous âges. C’est chaque fois un échange chaleureux que nous concluons toujours en leur disant combien nous apprécions de retrouver le même accueil bienveillant que celui que nous avons connu il y a 50 ans. Nous les en remercions. Eux nous disent que ce qui compte par-dessus tout c’est la capacité de fraternité des humains et qu’elle est immense si on veut bien se donner la peine de la cultiver.

Alors le cœur en fête nous faisons découvrir la place du 1er novembre 1954, baignée de soleil, avec une mairie lumineuse devant laquelle nous prenons la pause.

La place a été refaite à neuf. Elle a perdu son kiosque. Les immeubles qui la bordent sont comme nous, ils ont bien changé. Plus de Galeries Algériennes, le rideau est baissé. Le cinéma Rialto a aussi disparu, remplacé par une cafeteria. Plus étrange encore, l’Hôtel de France est effacé du paysage. L’endroit où croyons qu’il se trouvait est occupé par un grand vide avec une palissade. Le soir nous apprendrons à l’occasion d’une discussion que l’immeuble s’est effondré il y a quelques mois !

Puis nous remontons les arcades. La partie entre la place et le haut de la rue a été refaite ou est en cours de rénovation.

Un beau travail qui remet en valeur cette architecture caractéristique de la période coloniale.

La nature des nombreux commerces qui s’y abritent a radicalement changé. Finis les bureaux de tabac, papeteries, marchands de souvenirs, bijouteries, épiceries, magasins de vêtements et de tissus. Aujourd’hui c’est fast-food, cosmétiques, chaussures de basket, téléphonie… Nous admirons la belle façade du théâtre.

Nous constatons que l’église a été démolie, remplacée par un parking. Nous plongeons dans les rues perpendiculaires en direction du marché couvert et retrouvons définitivement l’ambiance inégalable de la rue algérienne. C’est la rue des poissonniers qui s’offre à nous. La marchandise est abondante et variée, histoire de rappeler que Skikda et Stora sont des ports de pêche.

Nous n’avons pas oublié les sardines grillées au canoun sur le balcon de l’immeuble Arc-en-Ciel. La traversée du marche couvert

nous offre la couleur des préparations sur les étals.

Nos collègues de voyage sont heureusement surpris et ravis de cette visite inespérée que nous leur offrons. La joyeuse bande redescend vers la place et une petite rue à proximité pour un super repas couleur locale.

On est vraiment de retour !

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