Un jardin extraordinaire

Le houblon a trouvé sa place dans le jardin du Petit Trot. Cette année il a démarré tardivement au point que le maître de jardin a bien cru qu’il n’avait pas résisté à l’humidité de l’automne. Mais, avec un peu de retard, il est reparti de plus belle.

Voilà que ce printemps nous révèle un nouvel  espace dans le jardin : un champ de blé!

Comment a-t-il pu apparaître ainsi sous le magnolia ? L’explication est simple. Un des derniers étés, avec Jean-Baptiste, Louis et Simon nous sommes allés glaner du blé au Mont des Cats. Au retour les garçons ont égrené les épis pour recueillir les  grains, les écraser, faire de la farine et confectionner une pâtisserie. Les restes, balle et grains, ont été jetés sur la pelouse « pour les oiseaux ». Mais certains grains n’ont pas été mangés, ont fini par germer et ont poussé. Avec l’apparence de brins d’herbe ils sont passés à la tondeuse… Cette année j’ai choisi de tondre haut ce qui m’a conduit à découvrir ces herbes différentes groupées sous le magnolia. J’ai décidé de les laisser pousser pour voir, au cas où l’ivraie éventuelle n’en serait pas.

Et j’ai vu que c’était du blé ! Mais en regardant de plus près, il n’y avait pas que du blé !

Au milieu du champ de blé quelques pieds de lin se sont installés…

Merci les petits oiseaux qui avez eu la bonne idée de ne pas manger tous les grains. Sans vous, pas de champ de blé! Grâce à vous, cet été, dans le jardin du Petit Trot, nous ferons une fête de la moisson.

Vraiment un jardin extraordinaire qui, modestement mais surement, reflète la merveille de la Création.

« Mon Dieu tu es grand, tu es bon… Dieu présent en toute création ».

A la rencontre du Petit Prince

Aujourd’hui nous sommes allés à la rencontre du Petit Prince. Pas besoin de changer de planète pour le rejoindre ni d’attendre une migration d’oiseaux sauvages : nous avons pris le TGV de Lille à Paris !

Nous, c’est Aliénor, Jeanne, Simon, Solène, Bonne-Maman et Bon-Papa : une fameuse équipe de lecteurs.

Chacun avait son livre mais un peu après midi nous avons posé les livres et entamé les casse-croûte. Ensuite ce fut la découverte du métro de Paris : rien à voir avec celui de Lille. Pas de doute on était arrivé sur une autre planète. Pour entrer sur la planète Métro il faut mettre le ticket dans une grande machine, elle fait un gros « tchicatic » puis recrache le billet qu’il faut récupérer pour que la porte s’ouvre et qu’on puisse passer… Aliénor et Jeanne qui découvraient cela ont beaucoup aimé.

En arrivant à l’exposition, proche du musée du Louvre, il nous restait un peu de temps avant l’heure d’entrée. Nous sommes allés voir l’arc de triomphe du Carrousel d’où on apercevait l’obélisque de la place de la Concorde, un peu cachée par des échafaudages, et loin derrière, au bout des Champs Élysées, l’Arc de Triomphe de la Place de l’Étoile.

Nous avons retrouvé Paul, Jean-Baptiste, Louis, Gabriel, Juliette et Nicolas venus en voiture sur le chemin de leurs vacances, et nous avons commencé la visite.

Beaucoup de manuscrits, de dessins, d’objets nous attendaient comme par exemple la vieille machine à écrire de l’auteur. Les dessins c’était super, certains limités à quelques coups de crayon, d’autres en couleur, déjà très élaborés.

Nous avons ainsi mesuré l’importance du travail préparatoire avant de parvenir à la version finale. Une vitrine présentait des versions du livre du Petit Prince dans des langues inconnues avec des alphabets incroyables !

En quittant la salle d’exposition par un superbe escalier toute la troupe familiale n’a pas hésité à prendre la pose pour une photo quasiment royale.

Après la visite, comme il nous restait du temps avant de reprendre le train, nous sommes allés tous ensemble nous promener autour de la pyramide en verre du musée du Louvre.

Nous avons observé attentivement les mirages créés par les réverbérations du soleil sur ces parois de verre mais nous n’y avons aperçu aucun petit bonhomme tout à fait extraordinaire nous considérant gravement. On s’est même arrêtés sur la margelle d’un bassin, à sec ce jour-là, pour goûter.

Bien que nous restions immobiles, dans la foule nombreuse autour de nous aucun renard n’apparut.

Pour terminer notre promenade, après avoir dit au revoir et bonnes vacances à la famille de Marcq, nous sommes allés jusqu’au Pont Royal, construit sous Louis XIV, voir la Seine et regarder passer quelques bateaux-mouches. Ensuite nous avons de nouveau traversé la planète Métro, « tchicatic », vers la Gare du Nord et notre train pour Lille.

Jeanne a relu le Petit Prince, Simon et Aliénor ont repris leur livre préféré.

Solène s’est reposée. Le voyage fut excellent, notre engin ne connut pas de panne. De toute façon une panne n’aurait pas été trop grave car nous n’étions pas dans le  désert, nous. Mais c’est peut-être dommage car c’est surtout dans le désert, un jour de panne, qu’on peut rencontrer le Petit Prince. A l’arrivée à Lomme, en reconduisant Jeanne, Aliénor et Solène un joyeux petit bonhomme souriant nous attendait sur le pas de la porte.  Bon Papa a cru un instant qu’il allait lui demander de dessiner un mouton mais c’était sans doute un mirage.

Nous étions un peu fatigués, Aliénor affamée. Ce soir-là tout le monde a bien dormi sous les étoiles.

Les forçats de la pierre

Abbayes et châteaux sont fascinants, chacun à leur manière. Architecture inspirée ou murailles imposantes, sculptures raffinées ou pierres massives, dressés fièrement en des lieux exceptionnels, ces édifices n’ont pu exister que par le travail de forçat de ces hommes qui les édifièrent.

Montségur

Abbaye de Fontfroide

Quand on visite Saint Martin du Canigou, Quéribus ou Peyrepertuse et tous les autres l’étonnement est le même: comment les bâtisseurs d’autrefois ont-ils réussi à construire pareils édifices qu’aujourd’hui même nous aurions bien du mal à réaliser avec nos moyens techniques bien plus performants ?
Cette question reste un sujet de curiosité car la documentation touristique n’en parle pas. On célèbre les constructeurs des pyramides. C’est justifié. Mais ils agissaient en terrain plat, disposant de vastes étendues pour édifier les rampes d’accès des matériaux.
 
Ici nous ne voyons que des chemins d’accès difficiles, tout juste bons pour les chèvres. Comment monter des blocs de pierre de plusieurs dizaines de kilos, parfois dépassant la centaine ? La logistique de construction reste à découvrir. Pour se faire une idée de la performance des constructeurs il suffit de voir la situation de ces édifices.

Château de Queribus

Abbaye Saint Martin du Canigou

Château de Montségur

Paisible Cerdagne

La Cerdagne est cette région de haut plateau devenue française par le traité de Pyrénées en 1659 avec la particularité qu’elle contient une ville restée espagnole, enclavée dans le département français des Pyrénées Orientales et une route neutre qui la relie à l’Espagne. Pour la situer en référence à des lieux connus, la Cerdagne se situe entre Font-Romeu, au Nord, et Bourg-Madame, au Sud, à la frontière espagnole là où se termine la RN 20.

On atteint le Cerdagne par la route après avoir gravi la montagne et on débouche sur une sorte de plateau entre 1200 et 1500 mètres. Changement de paysage! A la montagne abrupte et aux vallées resserrées succède un territoire paisible.

L’air pur de l’altitude donne une luminosité particulière et des tons nuancés à ces paysages de nature.

Le paysage, souvent très étendu, offre une grande palette de nuances de couleurs.

Dès qu’on s’éloigne de la seule grande route qui traverse la contrée on est dans le calme le plus absolu. La Cerdagne est un univers paisible, fait pour le repos et la contemplation.

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Châteaux forts et abbayes

Les châteaux forts et les abbayes sont nombreux dans les Pyrénées de l’Est, chacun dans son style. Mais finalement ces deux types de construction sont-ils si différents ? Quels sont leurs points communs ?

Château d’Aguilar

Ils sont tous de la même époque, autour du XI° ou XII° siècle. On commence à parler de Peyrepertuse et de Queribus en 1020, de Fontfroide en 1093 pour ne citer que les plus célèbres. Ensuite chacun a traversé le temps avec des fortunes diverses et des restaurations distinctes. Fontfroide ne résistera pas à la Révolution d’abord, aux lois lois anti-congrégationnistes de la Troisième République au début du XXe siècle ensuite. Quéribus tombe dans l’abandon à partir du XVIII° siècle et ne sera restauré qu’à partir de 1950. L’histoire est à peu près la même pour Peyrepertuse. L’abbaye Saint Martin du Canigou commença à décliner un siècle après sa fondation, largement détruite par le tremblement de terre de 1428 en Catalogne, abandonnée à la Révolution. L’évêque de Perpignan entreprit de commencer à la restaurer en 1902. Elle est de nouveau habitée par une communauté.

Saint Martin du Canigou

Les raisons du choix des lieux de construction sont radicalement différentes. Les châteaux forts ont évidemment une visée stratégique, en un lieu élevé pour surveiller le territoire et contrôler les accès. Ils sont construits sur des promontoires ou des crêtes et souvent se fondent avec le paysage. Souvent, en arrivant, de loin, on les confond avec la montagne. La logistique de construction doit s’adapter à la géographie du lieu. C’est ainsi qu’un château doit comporter au moins une citerne pour recueillir l’eau de pluie, seule alimentation possible en eau pour la garnison. Les toits seront donc nombreux et, si possible, de grande surface. Une logique similaire préside au choix du lieu d’implantation d’une abbaye: ce sera près d’un point d’eau. Ainsi, à Fontfroide, ce sera la « fontaine fraîche » qui donnera son nom à l’abbaye. Parfois l’abbaye s’installe à côté d’une première chapelle ou église dédiée à un saint local.

Châteaux-forts et abbayes sont construits en pierre. Quelles différence de résultat pour un même matériau. La difficulté de construction n’était pas la même pour un château sur un promontoire à 700 mètres d’altitude ou une abbaye dans la plaine de Narbonne. La vocation des édifices éclate dans le travail de la pierre, pierre généralement brute dans les châteaux malgré quelques exceptions, pierre travaillée et sculptée dans les abbayes.

Cloître du Prieuré de Serrabonna

Un autre point de comparaison mérite d’être souligné. Il s’agit des escaliers. Tous les visiteurs vous le diront: il est beaucoup plus facile de monter un escalier d’abbaye qu’un escalier de château fort. La raison est que chacun d’eux a une fonction différente. L’escalier qui mène à un château fort, situé sur un escarpement ou un sommet, est le seul moyen d’accès praticable. Il faut donc le rendre le plus difficile possible afin que tout assaillant soit retardé dans sa progression et qu’il puisse être vu le plus possible par les guetteurs du château. L’escalier de Quéribus est un bon exemple. Les marches sont inégales, il tourne sans cesse, il passe sous les remparts. Puis ensuite à l’intérieur des remparts il redevient rectiligne.

Les Orgues des Catalans

Entre Prades et la plaine du Roussillon surgit un site insolite de cheminées de fées, très nombreuses, qui s’élèvent à une douzaine de mètres. Le cirque où elles sont installées sur quelques centaines de mètres était autrefois une colline. Il faut relier mentalement le sommet de ces différentes colonnes les unes aux autres pour mesurer la quantité de matière déblayée par l’érosion.

Ces colonnes de roche argilo-sableuse sont aussi nommées « demoiselle coiffées » en raison de la couche dure qui les chapeaute et les protège un peu, un temps au moins, d’une érosion trop rapide.

Ensuite le vent, la pluie, les eaux de ruissellement et d’infiltration font leur oeuvre, la chaleur et l’humidité jouent sur les argiles qui gonflent et se contractent comme une éponge et tout cela finit un jour par s’effondrer. Cela finit aussi par constituer ces « tuyaux d’orgue ». Le site est en perpétuelle évolution.

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