Saint Jean de Kaneo

L’image emblématique associée à Ohrid  est celle de la petite église de Saint Jean de Kaneo accroché sur son promontoire face au lac.

Église Saint Jean de Kaneo

Saint Jean parce que, selon la tradition, ce serait Jean de Patmos qui serait venu évangéliser la région vers l’an 50. De Kaneo parce que c’est le nom du promontoire rocheux.

Bien sûr nous avons suivi le tradition de la photo avec l’église en arrière plan.

Le soleil et le ciel bleu de la veille avaient laissé la place à un ciel couvert et peu lumineux sauf par moment. Le spectacle reste cependant grandiose.

En début de matinée nous avions pu admirer les incroyables fresques du XIème siècle formidablement conservées de l’église Marie-Mère-de-Dieu.

Église de la Mère-de-Dieu Perivleptos, fresque de la Dormition de la Mère de Dieu.

Et ce soir nous avons terminé la séquence de Bitola avec un sympathique diner d’au-revoir partagé avec Émilie. Décidément la Macédoine c’est pas mal !

Découverte d’Ohrid

Nous quittons Bitola par le premier bus et par un temps magnifique ce qui nous permet d’admirer les sommets enneigés sur le massif du Pelister.

La route s’enfonce dans la montagne en se faufilant entre les monts et en laissant toujours entrevoir la neige.

Arrivés sans encombre à Ohrid et installés à l’hôtel nous partons à la découverte de la cité.

La forteresse Samuel, plus haut point d’Ohrid.

Pas de chance le lundi c’est jour de fermeture. Il faudra revenir demain pour la vue panoramique. Mais on n’a pas tout perdu pour le coup d’œil.

Vue sur le lac depuis les hauteurs d’Ohrid

Le lac, la ville et la neige.

Et côté village ce n’est pas mal non plus.

Après avoir beaucoup marché, monté et descendu bien des marches, avoir fait des pauses au soleil, nous atteignons la cathédrale Saint Sophie qui porte vingt siècles d’histoire.

Saint Sophie, la tour

Vue générale de Sainte Sophie.

Superbes fresques du XIème siècle, parmi les mieux conservées au monde,  donnant la vision byzantine du schisme de 1054.

Après tous ces efforts culturels une pause déjeuner s’impose et nous nous offrons un emplacement de rêve, esthétique et épicurien.

A la pizzeria Via Sacra, face à Sainte Sophie.

Retour par un détour au bord du lac.

Allez, on ne va pas se plaindre !

 

Impressions de Bitola

Arrivant à Bitola on est d’abord frappé par la beauté naturelle du site. Installée au nord de la plaine de Pélagonie qui plonge vers la Grèce, à seulement 20 kilomètres, la ville est installée sur une large plaine entourée de montagnes qui culminent à moins de 2 000 mètres sauf le sommet du Pelister à 2 600 mètres.

Coucher de soleil sur le versant Est.

Cette ceinture montagneuse est visible en tout point de la ville, d’autant plus en ce moment que la plupart des sommets sont enneigés, depuis une huitaine de jours nous précise Émilie.

Plein centre ville, vue sur les cimes enneigées vers l’Ouest.

La ville est très aérée, très arborée. On voit que les quartiers récents ont été créés dans des zones boisées où la végétation existante a été préservée le plus possible. Les boulevards modernes, tracés au milieu des arbres, serpentent ainsi bordés d’arbres immenses et visiblement très vieux.

Boulevard dans le secteur universitaire.

De sa résidence universitaire Émilie a vue directement sur la nature qui l’entoure et la ceinture de montagnes.

Résidence universitaire où réside Émilie.

Beaucoup de résidents des nombreux immeubles en périphérie de la ville profitent d’une pareille vue agréable. En ce moment on voit encore beaucoup de fleurs, en pleine terre ou en jardinière. Les arbres commencent à perdre leurs feuilles. Au sud de la grande artère piétonne, à 15 minutes à pied du centre, s’étend un immense parc urbain pour la promenade et la détente.

Dans le parc urbain.

Bitola apparaît, au moins pour le visiteur en bref passage, comme une ville qui respire la nature à pleines rues.

La rue piétonne, de grand matin, depuis notre terrasse.

La diversité de l’architecture est un deuxième sujet d’observation. On voit encore des sites industriels à l’abandon, partiellement détruits, héritage lointain sans doute du volontarisme socialiste au temps où le pays faisait partie de la République Fédérative de Yougoslavie. Mais les nombreux immeubles d’habitation récents construits en périphérie n’ont plus rien à voir avec l’architecture lourde et austère des années du communisme. Ils sont colorés, aux formes variées, et sans aucun doute plus agréables à vivre.

La gare ferroviaire a été rénovée dans un style très campagnard.

La gare ferroviaire de Bitola.

Dans le centre de Bitola on découvre de nombreuses façades particulièrement esthétiques, variées et colorées.

Sur la rue piétonne.

Sur la rue piétonne. Le consulat d’Albanie.

Souvent elles possèdent un joli balcon de fer forgé, tous différents.

La mosquée, l’église orthodoxe et même l’église catholique se côtoient.

Les mosquées et l’église catholique du Sacré Cœur.

Sur la place centrale, à midi, l’appel du muezzin s’entend pendant que zone l’heure au clocher.

Place Magnolia.

Tout cela contribue à créer un cadre paisible.

La présence préservée de la nature et la variété des constructions composent un cadre de vie que nous trouvons très agréable, nous qui sommes visiteurs de passage. Émilie nous l’a fait découvrir avec beaucoup de gentillesse en nous accompagnant le matin.

En route vers le musée d’histoire locale.

Après un déjeuner en plein air sur la place Magnolia (Magnolia Square
Плоштад Магнолија: ça ne s’invente pas!) nous sommes allés découvrir le logement d’Émilie.

Déjeuner en terrasse, sur la place Magnolia.

Puis l’après-midi nous sommes retournés à deux sur les points que nous avions aimés. La grande rue piétonne Shisok Socac représente bien cet art de vivre à la bitolienne.

Place du théâtre.

Elle est souvent très animée. L’ambiance est détendue, on pense plutôt promenade que cavalcade vers d’improbables rendez-vous. Notre perception, peut-être idéalisée, serait celle d’une ville familiale où les gens ont plaisir à se retrouver. Les bancs publics sont souvent occupés malgré la température qui commence à être fraîche.On voit les familles se promener avec de jeunes enfants. De nombreuses terrasses de café, extérieures ou intérieures, souvent abondamment garnies permettent à la moitié des gens de la ville de regarder l’autre moitié déambuler.

Les quelques contacts que nous avons eus, chauffeurs de taxi, personnes rencontrées dans la rue ou dans le bus, notre logeuse, serveurs de restaurant, ont toujours été d’une grande cordialité, d’un contact facile, très ouverts.

L’âme de la ville façonnerait-il le cœur des gens ?

Une journée à Bitola

Émilie a partagé notre petit-déjeuner, en mode sucré.

Traversée du parc urbain avec l’horizon des montagnes enneigées.

Agréable marche à pied vers les ruines antiques d’Héracléa.

Au centre du théâtre antique.

Au sommet des gradins avec un magnifique arrière-plan de montagnes.

Déjeuner en terrasse au cœur de la grande rue piétonne de Bitola.

Sur le balcon de notre chambre qui donne sur la rue piétonne .

Un bus pour Bitola

Le journée commence comme pour n’importe quel départ en vacances. Lever à 4 heures, route par un temps maussade, autoroute belge à la signalisation approximative, contrôle des passeports débordés à l’aéroport entraînant trois quart d’heures de retard…
Mais à Skopje visiblement les mouches ont changé d’âne. Atterrissage à 12h10, arrivée au contrôle des passeports à 12h20. Comme nous sommes le seul avion en ce moment le contrôle est ultra rapide. Quand on le quitte pour passer aux bagages le tapis roulant se met juste en route et la première valise qu’il propose c’est la nôtre. Le temps de retirer de l’argent et notre taxi démarre à 12h30. De toute notre carrière de voyageurs on n’a jamais fait mieux… A 13 heures le taxi nous débarque à la gare routière de Skopje. Le chauffeur, très sympa, m’explique où acheter les tickets de bus. A 13h10 nous sommes installés dans le bus de Bitola pour départ à 13h30. Il y a une heure nous quittions l’avion…

Alors commence un fantastique voyage en bus. Nous avions choisi ce mode de transport pour plonger dans la couleur locale. Nous allons être servis. Musique dans le bus, moderne certes, mais très imprégnées de traditions locales (instruments, airs folkloriques très typés) et pas du tout lassante. Musique d’ambiance dirions-nous, pour une excellente ambiance.

Marie se trouve assise à côté d’une étudiante macédonienne qui parle un très bon français qu’elle est ravie de pouvoir pratiquer pendant de longues discussions. Nous quittons doucement Skopje, sa circulation un peu débordante, ses avenues bordées d’immeubles qui semblent éternellement en construction, ses minarets et dômes de mosquées, ses églises byzantines, puis ses avenues verdoyantes. Apparaissent des banlieues pavillonnaires de plus en plus aérées puis vient la campagne au relief souvent torturé sur lequel rien ne pousse. On se dit qu’on n’aimerait pas habiter là, d’ailleurs on n’y voit guère de maisons.

Après le premier arrêt à Velès (70 km au sud de Skopje) le paysage change, le territoire s’élargit et s’apaise. Les produits du terroir surgissent au bord de la route comme dans cette vente de fruits et légumes de la production locale observé lors d’un arrêt.

Des vignes en espalier à perte de regard dans certains secteurs. Les monts et collines bordent l’horizon alternant les couleurs foncées et claires au rythme des nuages qui passent puis se déchirent. On ne peut être qu’admiratif devant ce pastel de la nature.

Circuler en autobus en Macédoine c’est un peu faire revenir le temps des diligences. On  ne revendique pas d’être pressé: on mettra quand même trois heures trente pour faire les 170 kilomètres. Mais on s’arrête au moins cinq fois dans des grandes villes (Velès et Prilep) mais aussi dans des coins perdus improbables y compris dix minutes d’arrêt restauration et toilettes au restaurant Javor.

A bord chacun s’installe au mieux et au gré des descentes s’installe encore un peu mieux grâce à une place devenue libre. Comme la diligence allait de relais en relais l’autobus va de gare routière en gare routière, véritable institution, signe extérieur de richesse indispensable pour une commune au pays d’un peuple voyageur.

Après Prilep le jour commence sérieusement à décliner. La route franchit un col à 1 000 mètres. Après avoir vécu le déclin du jour dans la montée nous vivons le soleil resplendissant dans la descente, symphonies de contrastes lumineux sur un horizon composé de plusieurs rideaux de montagnes qui font équipe pour séparer la terre, dans toutes les teintes de vert, du ciel où le bleu le dispute au gris de quelques nuages sombres, sous le projecteur du soleil.  Plus simple et plus féerique ça ne doit pas exister.

Hasard du calendrier, la liturgie du jour propose cet extrait du Livre de la Sagesse : « C’est le feu, le vent, la brise légère, la ronde des étoiles, la violence des flots, les luminaires du ciel gouvernant le cours du monde, que tous ces gens qui restent dans l’ignorance de Dieu ont regardés comme des dieux. … ils doivent savoir combien le Maître de ces choses leur est supérieur, car l’Auteur même de la beauté est leur créateur ».

Comme si toutes ces merveilles simples ne suffisaient pas à rendre ce voyage extraordinaire voici qu’il se termine en retrouvant Émilie.

Nous avons en nous un Bitola qui sommeille. Qui ira en bus à Bitola ?

Une journée au Prytanée avec Paul

Nous avons passé la journée avec Paul à l’occasion de la cérémonie d’ouverture symbolique de l’année universitaire au Prytanée de La Flèche qui est un des établissements où se trouvent les classes préparatoires (en deux ans) aux grandes écoles de l’Armée (mais pas seulement). Cette journée était ouverte aux familles des étudiants, l’occasion pour elles de découvrir les lieux car c’est une zone militaire dans laquelle il n’est pas possible d’entrer normalement.

Le site a été fondé en 1604 par Henri IV (on retrouve un peu partout sa statue ou son effigie) comme collège royal géré par les jésuites et c’est Napoléon qui lui a donné sa vocation actuelle.

Les bâtiments sont impressionnants avec un immense parc où se tenait la cérémonie. Il y avait énormément de monde, la plupart des familles des trois cents étudiants ayant fait le déplacement, rassemblé dans le parc.

Le temps était magnifique (heureusement, en plein air…), nous avons eu notre bain de soleil. Debout en plein soleil, quasiment immobiles pendant une heure, plusieurs élèves sont tombés et ont été installés à l’ombre pour récupérer.

La journée a commencé pour nous à 8 heures par la messe dans l’église Saint Louis qui fait partie des lieux. La cérémonie militaire a démarré à 10 heures sonnantes au clocher de St Louis. Chez les militaires, l’heure c’est l’heure. Spectacle impressionnant des élèves rangés impeccablement sur quatre lignes. Nous avons entendu les mots d’accueil du commandant du site et de différents intervenants, vu le passage en revue par les chefs,

assisté au défilé du drapeau devant les rangées d’élèves.

L’objet de la cérémonie était principalement la présentation du drapeau du Prytanée aux nouveaux étudiants, en présence des deux années et des élèves du lycée militaire voisin. Pendant la nuit précédente, autour de ce drapeau, des groupes de 5 ou 6 élèves ont assuré une garde continue. Paul a fait deux relais.

Il a fallu attendre la fin de la cérémonie pour retrouver Paul en tenue de cérémonie.

Louis a tenu à essayer le calot: il faut admettre qu’il le porte avec une certaine élégance.

Ensuite Paul nous a fait visiter les lieux. Les chambres sont prévues pour deux occupants. L’espace est réduit. Au rez-de-chassée un bureau chacun, en dos à dos, en mezzanine les lits de part et d’autre de l’échelle de meunier, la longueur de la mezzanine étant égale à la longueur du lit. C’est rustique, voire spartiate, mais Paul s’en accommode sans problème. Le travail l’accapare beaucoup mais il reste du temps pour les activités sportives: musculation, piscine et même équitation car il y a un manège sur le site. Il est déjà bien calé dans ce mode de fonctionnement qu’il apprécie, concentré avec sérieux et enthousiasme.

 

 

Incroyables jardins

Marrakech et ses environs forment un territoire de jardins et de palmeraies. Parler de jardin à Marrakech c’est évoquer inévitablement le Jardin Majorelle. Ce jardin sort vraiment de l’ordinaire, jardin de passionné, de collectionneur, d’esthète, de coloriste.

La profusion de végétaux, installés en permaculture, contraste harmonieusement avec une palette de couleurs, volontairement limitée par l’artiste, pour les mosaïques  des sols, les vases de fleurs ou les murs de l’atelier du peintre, dont le fameux bleu Majorelle.

S’y promener, au milieu du chant des fontaines, est un délice.

Mais ce jardin Majorelle est aussi un peu l’arbre qui cache la forêt des jardins de Marrakech. En pratique c’est un jardin commercial pour touristes. Bien peu de marocains en profitent contrairement aux autres jardins (sauf le Jardin des Secrets dont l’accès est aussi payant). Ce n’est pas là qu’on peut découvrir l’attrait des marrakchis pour leurs jardins.

Aux heures de détente les jardins de la Ménara (on devrait plutôt dire « l’oliveraie de la Ménara »)  sont très fréquentés. De même, dans le centre, le « cyber parc » ainsi appelé parce qu’il est sponsorisé par Maroc Télécom qui y déploie un wifi gratuit. Ce parc de huit hectares et vieux de plus de trois cents ans présente une variété impressionnante de végétaux et de fleurs, de tous les continents.

Très bien entretenu, pourvu de nombreux bancs et de murets bas pour s’asseoir c’est un havre de paix en plein centre de la ville. Les allées sont en terre ocre à la couleur de la ville.

Beaucoup plus petit, et à vocation commerciale, le Jardin Secret, au cœur de la Médina, offre un havre de paix et de fraîcheur. Jardin ancien mais délaissé il a été restauré il y a seulement une dizaine d’années. Le résultat est enchanteur.

Autre jardin populaire, le jardin de la Koutoubia qui entoure la mosquée. Essentiellement composé de palmiers et d’oliviers c’est un autre lieu de repos appréciable dans le centre de jour comme de nuit.

Impossible de ne pas dire un mot du jardin de notre hôtel, le bien nommé « Medina Gardens ». Organisé en une mosaïque d’ilots séparés par des allées, il offre une variété d’arbres et arbustes, notamment beaucoup de citronniers, orangers, grenadiers.

Nous en avons abondamment profité le jour pour des siestes ombragées. Le soir nous avons apprécié l’éclairage (sur batteries solaires) harmonieux proposé. Et tout cela avec en toile de fond le minaret de la Koutoubia.

 

Nuit à Marrakech

Dès 19 heures la nuit arrive et la ville s’éclaire. La première lumière qui apparait, au niveau du sol, est celle des phares de véhicules dans le trafic incessant. Phares des autos mais aussi des deux roues qui se faufilent partout y compris dans les rues profondes des souks.

Lumière pour les lieux et monuments emblématiques.

Place Jamaa El Fna

Koutoubia

Lumière de notre hôtel

et de son jardin extraordinaire.

Jardin de l’hôtel

Et pour terminer la promenade

 

 

Marrakech insolite

A peine arrivés on entre dans le monde de l’insolite quand, à la sortie de l’aérogare, on cherche notre chauffeur, celui dont la pancarte indique, en principe, notre hôtel « Medina garden ».

Marrakech est une ville où le cheval occupe une place de choix dans la circulation. Cela mérite bien un ou deux panneaux de signalisation.

Dans la folle circulation on a besoin de repères pour savoir où aller.

Le Maroc allie tradition et modernisme. Pour installer les indispensables antennes de téléphone on a utilisé les mâts existants: les palmiers Washingtonia, rectilignes de quelques dizaines de mètres.

L’illusion est  presque parfaite. En réalité c’est un mât métallique déguisé en palmier.

Marrakech, ville d’artisanat, propose des artisans dans tous les domaines. Certains avec lesquels on n’est pas sûr de faire affaire.

D’autres dont le coup de main, s’il est incontestable, manque peut-être désormais d’un peu de souplesse.

Entendu dans le souk: « Ici, Monsieur, c’est pas cher. Tout est gratuit jusqu’à la caisse! ».

Quel souk, mon ami!

Partis à la découverte des souks de  Marrakech, nous avons rencontré des gens merveilleux bien plus que nous n’avons fait des achats de voyage. Lundi matin, lors de notre passage sur la place Jemaa El Fna, après notre traversée du quartier juif, alors que nous allions déposer du courrier à la Poste nous avons été abordés par un guide officiel nous proposant une visite guidée de deux heures de la Médina et des souks, pour demi tarif.

Après lui avoir expliqué qu’une visite guidée était déjà prévue pour notre groupe nous avons discuté un peu avec ce guide plutôt sympathique qu’on peut trouver chaque matin près de La Poste.

De retour à l’hôtel on apprend que les deux sorties sont annulées. Notre programme tombe à l’eau! On décide de retourner demain mardi sur la place pour tenter de retrouver le guide. Ça ne rate pas, c’est même lui qui nous reconnait le premier. On lui dit qu’on souhaite faire la visite avec lui demain ou après demain. Question prix ce n’est plus demi tarif. « Le prix d’hier n’est pas le prix d’aujourd’hui » explique-t-il avec philosophie. On discute un peu et ça finit entre hier et aujourd’hui. « Et pourquoi pas la visite maintenant », demande-t-il ? On explique que l’argent et la CB sont à l’hôtel, on n’a pas d’argent pour le payer aujourd’hui. « Mais c’est pas de problème, mon frère, tu reviens demain matin à 9h30 pour me payer. Je te fais confiance ». Le type nous plait, banco, c’est parti avec Momo (Mohamed) car c’est ainsi qu’il veut qu’on l’appelle.

Il nous entraine dans un tourbillon d’explications aussi précises que passionnantes, nous emmène dans un dédale de souks et de ruelles invraisemblables où

peu de touristes passent, nous dresse une fresque historique de la Médina du 16ème siècle, du 14ème et du 11ème. Tout cela ponctué avec des remarques de bon sens. Pendant le covid on a profité de l’absence de touristes pour couvrir les rues des souks avec des toits en bois ajourés, genre moucharabieh, qui laissent passer la lumière et la fraîcheur mais protège du soleil. « Les maisons du 11ème siècle ont tenu pendant le séisme; il y a un peu d’effritement qui est tombé, mais c’est normal ce sont des maisons du 11ème siècle ». Et c’est vrai que dans notre parcours nous n’avons vu que très très peu d’effondrements significatifs dans les parties très anciennes.

Il nous fait rencontrer un tourneur sur bois qui est un virtuose. De sa main droite il assure la rotation de la pièce sur le tour avec une sorte d’archet. Avec la main gauche il tient l’outil qu’il presse sur le bois avec l’orteil de son pied. Ahurissant!

Un peu plus loin il nous commente la visite de la Médersa Ben Youssef, un des plus beaux monuments de Marrakech, que le séisme n’a pas touché et qui reste ouvert à la visite.

Momo nous fait passer chez un herboriste où nous nous laissons aller à de menus achats. Mais le problème demeure : pas d’argent sur nous. « Pas de problème Monsieur, on va passer chercher l’argent à ton hôtel ». Finalement on trouve une solution encore plus rusée. Demain quand on viendra payer Momo on lui donnera l’argent pour l’herboriste et il viendra lui remettre. Une tournée de thé à la menthe vient sceller cette sage décision!

Ce qui fut dit fut fait. Mercredi à 9h30 Momo recevait son règlement et la somme pour l’herboriste. On se quitte grands amis et on part à deux dans les souks où on a appris à repérer grâce à Momo. Notre but est de visiter le Musée de Marrakech, très belle demeure mauresque, en passant par la place aux épices.

Un peu plus loin on se laisse entraîner pour voir le quartier des tanneurs, en pleine activité:  ça se sent!

Quand nous arrivons au musée on fait la pause désormais traditionnelle d’un thé à la menthe avant de parcourir la riche demeure.

Encore une fois nous constatons au café du musée, avec le personnel d’accueil, l’extrême cordialité des marocains. Le constat se confirme sur le chemin du retour avec plusieurs vendeurs, qu’on leur achète ou pas. Amabilité sans faille. Un tour de souk à Marrakech c’est aussi une promenade dans la belle humanité.