En venant de Melbourne la Route Océane commence à Torquay par un parcours en corniche dans un paysage de montagne. Puis, 150 kilomètres plus loin, du côté d’Appolo Bay, elle s’écarte de la mer sur une centaine de kilomètres et rentre dans les forêts d’eucalyptus. C’est seulement aux 12 Apôtres qu’elle retrouve le bord de mer.
Sur une trentaine de kilomètres on se régale des affrontements sauvages et destructeurs entre la mer et les falaises. C’est un éblouissement visuel (surtout par le grand ciel bleu qui fût le notre) et sonore incroyable car le bruit des vagues est là pour marquer la force de l’eau qui use les falaises de 30 ou 40 mètres d’à pic sans répit. Curieusement les falaises sont toujours usées selon une verticale quasi parfaite, comme une génoise coupée impeccablement au couteau.
Cette côte est appelée la côte des naufrages à cause du grand nombre de bateaux qui ont coulé dans ces parages à la fin du 19° siècle. A voir les lieux on comprend bien que l’enfer des marins était là. Il faut voir les vagues déferler et se fracasser sur les rochers. Somptueux et incroyable.
Une vingtaine de lieux, tous plus extraordinaires, illustrent le combat de titans de l’océan et de la terre au cours des millénaires. La mer a taillé dans les falaises, usant le matériau le plus tendre et sculptant ainsi avec les roches dures des tours ou des formes bizarres qui se retrouvent aujourd’hui isolées au milieu des flots.
On parcourt ainsi la plateau sur la falaise à pieds sur des chemins très bien balisés. Parfois des escaliers permettent de descendre au niveau des flots pour voir le spectacle au plus près.
Chaque année la mer grignote 2 cm de falaise au rythme d’une vague toutes les 14 secondes. En 1995 l’une des deux arches de la formation appelée London Bridge s’est effondrée alors que deux touristes se trouvaient dans la partie la plus avancée.
Ils ont été secourus par hélicoptère. Le site emblématique des 12 Apôtres comportait il y a encore un siècle 12 rochers avancés en mer. Depuis plusieurs se sont effondrés, il n’en reste que 9.
Les photos rendent compte, à leur manière, de l’état des lieux de ce gigantesque champ de bataille. Parfois l’esthétisme de la prise de vue édulcore la réalité que la vidéo en intégrant la dimension sonore restitue plus fidèlement.
Galerie de photos
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