Partis à la découverte des souks de Marrakech, nous avons rencontré des gens merveilleux bien plus que nous n’avons fait des achats de voyage. Lundi matin, lors de notre passage sur la place Jemaa El Fna, après notre traversée du quartier juif, alors que nous allions déposer du courrier à la Poste nous avons été abordés par un guide officiel nous proposant une visite guidée de deux heures de la Médina et des souks, pour demi tarif.

Après lui avoir expliqué qu’une visite guidée était déjà prévue pour notre groupe nous avons discuté un peu avec ce guide plutôt sympathique qu’on peut trouver chaque matin près de La Poste.
De retour à l’hôtel on apprend que les deux sorties sont annulées. Notre programme tombe à l’eau! On décide de retourner demain mardi sur la place pour tenter de retrouver le guide. Ça ne rate pas, c’est même lui qui nous reconnait le premier. On lui dit qu’on souhaite faire la visite avec lui demain ou après demain. Question prix ce n’est plus demi tarif. « Le prix d’hier n’est pas le prix d’aujourd’hui » explique-t-il avec philosophie. On discute un peu et ça finit entre hier et aujourd’hui. « Et pourquoi pas la visite maintenant », demande-t-il ? On explique que l’argent et la CB sont à l’hôtel, on n’a pas d’argent pour le payer aujourd’hui. « Mais c’est pas de problème, mon frère, tu reviens demain matin à 9h30 pour me payer. Je te fais confiance ». Le type nous plait, banco, c’est parti avec Momo (Mohamed) car c’est ainsi qu’il veut qu’on l’appelle.

Il nous entraine dans un tourbillon d’explications aussi précises que passionnantes, nous emmène dans un dédale de souks et de ruelles invraisemblables où

peu de touristes passent, nous dresse une fresque historique de la Médina du 16ème siècle, du 14ème et du 11ème. Tout cela ponctué avec des remarques de bon sens. Pendant le covid on a profité de l’absence de touristes pour couvrir les rues des souks avec des toits en bois ajourés, genre moucharabieh, qui laissent passer la lumière et la fraîcheur mais protège du soleil. « Les maisons du 11ème siècle ont tenu pendant le séisme; il y a un peu d’effritement qui est tombé, mais c’est normal ce sont des maisons du 11ème siècle ». Et c’est vrai que dans notre parcours nous n’avons vu que très très peu d’effondrements significatifs dans les parties très anciennes.
Il nous fait rencontrer un tourneur sur bois qui est un virtuose. De sa main droite il assure la rotation de la pièce sur le tour avec une sorte d’archet. Avec la main gauche il tient l’outil qu’il presse sur le bois avec l’orteil de son pied. Ahurissant!

Un peu plus loin il nous commente la visite de la Médersa Ben Youssef, un des plus beaux monuments de Marrakech, que le séisme n’a pas touché et qui reste ouvert à la visite.

Momo nous fait passer chez un herboriste où nous nous laissons aller à de menus achats. Mais le problème demeure : pas d’argent sur nous. « Pas de problème Monsieur, on va passer chercher l’argent à ton hôtel ». Finalement on trouve une solution encore plus rusée. Demain quand on viendra payer Momo on lui donnera l’argent pour l’herboriste et il viendra lui remettre. Une tournée de thé à la menthe vient sceller cette sage décision!
Ce qui fut dit fut fait. Mercredi à 9h30 Momo recevait son règlement et la somme pour l’herboriste. On se quitte grands amis et on part à deux dans les souks où on a appris à repérer grâce à Momo. Notre but est de visiter le Musée de Marrakech, très belle demeure mauresque, en passant par la place aux épices.

Un peu plus loin on se laisse entraîner pour voir le quartier des tanneurs, en pleine activité: ça se sent!
Quand nous arrivons au musée on fait la pause désormais traditionnelle d’un thé à la menthe avant de parcourir la riche demeure.

Encore une fois nous constatons au café du musée, avec le personnel d’accueil, l’extrême cordialité des marocains. Le constat se confirme sur le chemin du retour avec plusieurs vendeurs, qu’on leur achète ou pas. Amabilité sans faille. Un tour de souk à Marrakech c’est aussi une promenade dans la belle humanité.