Au monastère de Tibhirine

Notre hôtel à Blida est sans doute l’un des plus bling bling de notre voyage. Il s’appelle « Clean Hôtel » (merci pour les collègues du voisinage) et possède une somptueuse salle de fête que son directeur tient absolument à nous faire essayer. Nous nous exécutons bien volontiers.

Quand nous quittons Blida et sa jolie place coloniale le ciel commence à se couvrir et le vent à se lever.

Le monastère de Tibhirine se trouve à environ 100 km au sud d’Alger, près de la ville de Médéa, dans les montagnes à environ 850 mètres d’altitude dans une région assez isolée.C’est un grand bâtiment d’allure austère au milieu des arbres qui apparaît au sommet d’une colline, dans le village du même nom.

La sécurité dans la région n’est pas totale. Les portes du monastères sont fermées à clé. Dès notre arrivée, par grand vent et température fraîche, un gendarme s’approche de nos accompagnateurs pour contrôler notre situation: consultation de la liste du groupe, vérification téléphonique, etc.

Nous sommes autorisés à entrer. La porte se referme derrière nous.

C’est à l’intérieur de ce bâtiment tout simple que se tient la salle de réunion où un membre de la communauté va nous raconter l’histoire du monastère et des moines (42 minutes).

Il se prolonge par la chapelle où les moines priaient et célébraient.

Dans la salle figurent les portraits des 7 moines enlevés en mars 1996.

On y trouve également un panneau avec les 19 martyrs chrétiens des années noires. Ils ont été béatifiés en 2018 par le Pape à Oran dans la cathédrale de la Santa Cruz que nous verrons dans quelques jours. Parmi ces victimes une religieuse d’Alger que notre guide Yassine connaissait personnellement. Il l’a croisée dans la rue quelques secondes avant l’explosion qui l’a tuée. Quand il a entendu le bruit il a tout de suite compris ce qui venait de se passer.

Le panneau indiquant les heures des consultations du frère Luc, médecin, est également conservé.

Le petit cimetière du monastère accueille les tombes où ne sont enterrées que les têtes, les corps n’ayant jamais été retrouvés.

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